Pierre de MaereBelgique / Pop

Il construit déjà sa vie comme une œuvre, artiste sublimé par l’art, profondément libre, irradié par l’instinct, insolemment lucide malgré une vingtaine à peine sonnante. A califourchon entre la musique, la mode, la photo.

Le style Pierre de Maere (prononcer mare) est à l’image des audaces vestimentaires du jeune belge : flamboyant, irisé, mutant. Il cultive son jardin et dessine son monde intérieur, ose sans filet les télescopages stylistiques tout en prenant soin de ne jamais s’éloigner du champ des possibles offert par la culture pop. Une gueule à l’innocente beauté, androgyne et perçante. Grand, silhouette longiligne, coupe au bol, gestuelle expressive. Dandy moderne, esthète à l’extravagance chic, incarnation du « twink » camouflé derrière des parures luxueuses. Déjà on devine une identité qui peut sans cesse se modeler et se renouveler au gré des désirs.

Pierre de Maere a passé la première moitié de son existence à Bruxelles, avant que ses parents ne décident de déménager dans une ferme à Walhain, petite commune du centre de la Belgique. De l’ennui, beaucoup, le forçant à stimuler sa créativité. Des oreilles ivres de morceaux mainstream, des premières compositions à l’âge de douze ans. Ni cours de chant ni solfège, seulement quelques cours de batterie. Autodidacte, il absorbe connaissances et informations avec une rapidité anormale, saute d’une passion à l’autre dans un élan d’engagement total. L’adolescence est marquée par une frénésie photographique en lien avec la mode. Il passe aussi rapidement par les Beaux-Arts à Anvers, enseignement qu’il juge trop conceptuel. Lui est convaincu que son destin doit se conjuguer avec envergure et audace. Lorsqu’il replace il y a un et demi la musique au centre de ses intérêts, cet éduqué enfant du désordre ne fait pourtant pas de plans sur la comète. Pierre de Maere appartient à cette génération qui ne s’encombre pas des références ou des classifications. C’est un garçon qui lit l’intégrale de Picsou au coin du feu, Pink Floyd en fond sonore. Fasciné aussi par Willy Wonka de Charlie et la Chocolaterie et Lady Gaga. Comprendre par là qu’il aime les personnalités singulières. Il compose au piano et à l’ordinateur comme on imagine un cocktail en tentant des combinaisons, précisant les dosages, affinant les associations. L’écriture sème, elle, des balises, joue sur les multiples lectures, défie les codes. Charme fou et mouvant des morceaux, un peu comme si Stromae faisait des câlins à Yelle, Rufus Wainwright et à la pop des eighties.
Les hostilités sont lancées ici avec Regrets, chanson à l’intelligence tourbillonnante et au modernisme kitsch planant, irriguée de sons de cloche et d’une guitare électrique virtuelle à la simulation aléatoire. Regrets comme le titre de la nouvelle de Maupassant, inspiration initiale qui narre une histoire d’amour manquée sous couvert de nostalgie et de douleur… Les chansons invitent à vivre sans complexes et à ressentir sans limites. Il y a la sensualité de la voix, ses voltiges, ses pures brillances. Il y a des velléités à envoyer valser les tabous, à sublimer le désir, à aspirer à la douceur et tendresse (Un jour je marierai un ange). Il y a encore une ode au réconfort (Menteur), une détonante lettre d’amour à son chat (Lolita). Pierre de Maere a du ressort, une exaltation culottée et un panache détonant. Ne surtout pas lui présenter dans le futur un règlement intérieur.

 

ChahuFrance / Pop

Un ukulélé, une voix, et la tête tout juste hors du spleen, l’Angevin Chahu navigue dans un flot de mélancolie et de chansons tristes avec un flegme déconcertant. Tel un hobo de la Sad Pop, le chanteur invite à l’errance ou la rêverie, où l’auditeur·rice cabote avec lui.

 

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